Mettre les eaux en partage (1/3) : rémanences ancestrales dans le comté de Melgaço, au nord-est du Portugal

mercredi 23 avril 2025, par Arpenterre

Face aux discours qui avancent qu’il n’y a pas d’alternative pour la gestion de l’eau que de la privatiser, l’entuyauter ou la forer dans les nappes phréatiques, commençons par explorer les manières ancestrales et parfois encore contemporaines, de mettre les eaux en partage. Avec Fabienne Wateau, anthropologue au CNRS.

Pour cette première émission du triptyque "Mettre les eaux en partage", nous accueillons l’anthropologue Fabienne Wateau chercheuse au CNRS, attachée au Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie comparative à l’Université Paris-Nanterre et rédactrice en chef de la revue Ateliers d’Anthropologie, entre autres.
Dans sa thèse Partager l’eau : irrigation et conflits au nord-ouest du Portugal, elle essaye de résoudre un paradoxe : pourquoi y a-t-il des conflits pour l’eau dans une région qui en regorge pourtant ?
A travers cet exemple émerge l’idée que les conflits autour de l’eau dépendent moins des conditions environnementales (abondance ou pénurie) que d’une certaine organisation sociale et politique autour de l’eau. Et que ce sont donc des réponses politiques qu’il faut apporter aux dérèglements climatiques. Et que ces réponses peuvent se nourrir, au moins en partie, de pratiques ancestrales : reste à créer un imaginaire politique qui rende cela possible.


Même si les conditions climatiques jouent un rôle important dans le fait que l’eau pourrait venir à manquer, ce sont souvent les modalités de partage qui créent la pénurie ou la pollution.
Alors, nous avons décidé d’intituler cette série d’émissions "Mettre les eaux en partage" pour bien montrer le caractère actif de celui-ci. L’eau n’est pas seulement partagée, elle est mise en partage selon des règles sociales ou des décisions politiques qu’il s’agit pour nous d’explorer au cours de ces trois émissions.
Nous parlerons principalement des eaux douces : rivières, glaciers, lacs, eaux souterraines, etc.